Thierry Mouyouma au coeur d'un vaste scandale.
« A quelque chose malheur est bon » a-t-on coutume de dire. La récente débâcle des Panthères à la CAN en cours au Maroc ne sera pas qu’une humiliation pour le Gabon, mais sans doute, l’occasion de faire la lumière sur un vaste réseau d’enrichissement illicite, de conflit d’intérêts et de népotisme à la tête de la sélection nationale.
Au lendemain de la débâcle du onze national, alors que les gabonais se remettaient à peine de cette déchéance footballistique, le journaliste d’investigation, Romain Molina a publié une enquête explosive sur des prétendues marchandages dans les sélections des joueurs, la création d’une agence par le sélectionneur Thierry Mouyouma, des magouilles pour s’accaparer les 300 millions liés à l’équipementier. En somme, comment la sélection nationale a été transformée en une « mangeoire » par ceux qui avaient la mission d’en faire une vitrine pour le rayonnement du pays.
Mouyouma, du sélectionneur contesté au marchand sans scrupules
D’après l’investigation publiée par Molina, l’échec de cette Coupe d’Afrique n’ pas fait pas que des malheureux au sein d’une fédération minée par les clans et les rancœurs autour d’un sélectionneur très contesté : Thierry Mouyouma. « Bien avant son entrée en lice lors de cette CAN, le Gabon se sabotait avec une préparation indigne d’une équipe professionnelle. Comme le rapportait AFC-Sports, les Panthères n’ont par exemple pas pu jouer le match amical de préparation face à l’Ouganda faute de… maillots !
Du jamais-vu qui concluait une improbable histoire d’équipementiers d’une toute nouvelle société, Gabon Sports Management « Gasma », fondée le 5 avril 2025 pour du « management sportif et vente d’accessoires et d’équipements sportifs ». Or, le propriétaire et seul actionnaire de cette compagnie n’est autre que Thierry Mouyouma, le sélectionneur ! » Scandale !
Et Molina de poursuivre : « Par l’intermédiaire de Gasma, Mouyouma va collaborer avec le directeur général de l’Office national du développement du sport, le commandant Loïc Ngouayit-Kounda, pour développer la marque « Gaboma » et donner l’illusion d’une marque purement gabonaise après la fin du contrat avec Puma.
Or, la présidence de la République alloua un budget de 300 millions de francs CFA pour l’achat d’équipements. Un joli pactole qui intéressa les convoitises et divisa totalement la FEGAFOOT qui comprit bien les intérêts de Mouyouma. Problème, sans aucune expérience dans le domaine, « Gaboma » ne remplissait aucun des critères demandés par la CAF qui mit en demeure la fédération gabonaise à travers un courrier officiel pour diverses raisons :
Tissu non conforme
Marque non enregistrée
Aucune traçabilité
Similitude avec le logo et le slogan d’Airness
Le verdict de la CAF est sans appel : « Gaboma » n’est pas autorisée pour la CAN. Dans l’urgence, la FEGAFOOT signe un contrat avec une société marocaine, AB Sport, mais les maillots ne purent arriver à temps pour le match prévu face à l’Ouganda. Et voilà comment les Panthères entrèrent sans aucune rencontre de préparation à la Coupe d’Afrique : pour une histoire de gros sous et d’intérêts privés, loin de la logique sportive. »
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